banque d'articles - exemples de cas

Sujets typiques abordés avec les intervenants

Madeleine G.L.

Divers types de problèmes sont abordés par nos intervenants lors des appels. Au fil des ans, nous avons remarqué que certains sujets reviennent souvent dans la liste des préoccupations qui affectent les parents.

Vous trouverez ci-bas une liste des sujets parmi les plus fréquents que nos intervenants abordent avec les parents. Chaque sujet est accompagné d'un texte qui aborde les solutions proposées dans le contexte qui nous intéresse.

Évidemment, les solutions proposées ne sont cités qu'à titre d'exemples. Votre situation particulière dans un cas donné pourrait nécéssiter des approches différentes ou plus exhaustives. Chaque cas est traité sur une base individuelle, la solution proposée par l'intervenant étant spécifique à la situation à laquelle elle s'applique.

À chaque mois, nous publions de nouveaux articles touchant aux divers sujets qui vous intéressent comme parents. Chaque texte est rédigé par l'un de nos intervenants dans un langage clair, et propose des démarches concrètes pour vous aider à trouver une solution aux situations qui vous préoccupent. Alors, n'oubliez pas de revenir nous voir souvent pour en profiter!

Ça ne règle pas le problème? Vous avez besoin d'en parler?
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La St-Valentin……traditionnellement la fête des amoureux!! Pour plusieurs, cette fête est une occasion de dire aux gens que l’on aime à quel point ils sont précieux et importants pour nous.

Quelle bonne idée d’élargir le but de cette fête et de l’étendre à la famille. Entre frères et sœurs, il est souvent plus facile de se crier des bêtises que de se remercier d’être là, pour les uns et les autres, à tous les jours pour le meilleur et …pour le pire!! On exprime facilement ce qui nous dérange plutôt que notre appréciation.

En tant que maman de trois enfants, je trouve très important de leur offrir des traditions qu’ils pourront répéter comme parents, mais aussi sur lesquelles ils se construiront de beaux et chaleureux souvenirs.

J’aime profiter de la St-Valentin pour les aider à se rapprocher et rendre leurs liens encore plus forts. Pour atteindre cet objectif, je prépare une belle feuille sur laquelle je dessine plusieurs cœurs où chacun doit y inscrire des compliments, des talents ou des mots doux pour l’autre. J’ai le sentiment d’apprendre à mes enfants à apprécier et à reconnaître la valeur de l’autre.

Pour ma part, je coule du chocolat dans des moules en y ajoutant ma petite touche pour les personnalisés. Le tout est placé sur le pas de leur porte de chambre. Quelle fête le matin du 14 février de découvrir tous ces mots doux….et bien entendu du chocolat !! C’est ma façon de provoquer des discussions et des ricanements au petit déjeuner mais aussi de leur apprendre l’ouverture sur l’autre et l’acceptation de la différence. En fait, c’est ma façon de fêter l’Amour avec eux….et ça porte fruit.

Comme grand-maman, il m’apparaît très important de vivre avec mes petits-enfants cette fête de l’amour. Alors, le jour venu, munie de chocolats et d’un bloc de papier en forme de cœur, je me rends chez eux et j’aide chaque petit à faire un message d’amour à papa et à maman. Nous le collons sur la porte de chambre de leurs parents et ajoutons le chocolat.

Apprendre à nos petits à dire à leurs parents des mots gentils, à remercier pour ce qu’ils reçoivent, c’est leur montrer à exprimer leur reconnaissance ainsi qu’à partager leurs émotions. Je crois que c’est leur enseigner l’amour avec un grand A ; ce qui fera une différence dans leur vie affective et relationnelle. Quel plaisir pour une grand-mère de participer à leur joie de ce jour! Pour moi la St-Valentin, c’est la fête des amoureux de la vie !

Marielle Picard, grand-maman et intervenante à Éducation-Coup-de-Fil

Emilie Desautels, maman et intervenante à Éducation-Coup-de-Fil


«J’t’aime pas! Julie est ben plus fine que toi! » Qui dit cela? Ou plutôt: qui crie cela?. C’est Carl. Il a eu quatre ans récemment. À son retour à la garderie après les vacances des Fêtes, il a été ‘promu’ dans le groupe des grands, ce qu’il n’apprécie pas du tout... Et les scènes de protestation se succèdent.

Ariane, elle, a bien débuté sa 5e année scolaire. Très motivée, intéressée à tout, elle partait gaiement pour l’école chaque matin. Mais voilà qu’en cours d’année, son enseignante s’en va en congé de maternité. Larmes, récriminations, désintérêt. L’enthousiasme d’Ariane se dégonfle de jour en jour comme un ballon percé.

La famille de Francis a déménagé il y a quelque temps dans une autre localité. Nouvelle maison, nouvelle école, avec toutes les nouveautés s’y rattachant. Francis qui était auparavant un enfant joyeux et dynamique semble de plus en plus triste et éteint.

Y-a-t-il un lien commun entre ces trois situations à première vue très variées? On peut constater qu’en majorité, les enfants réagissent plutôt bien, ou, du moins, sans trop de difficultés aux changements courants qui surviennent dans leur vie. Plusieurs vont se réjouir de la nouveauté: nouveaux lieux, nouveaux amis, nouvelles activités passionnantes à découvrir, etc. Un bon nombre voient le changement de groupe en garderie ou de degré scolaire comme une promotion dont ils sont très fiers. Toutefois, quelques enfants plus sensibles s’attachent profondément à certaines personnes (éducatrice, professeur ou autre) de même qu’à certains milieux de vie. Ainsi, dans les exemples mentionnés au début, on note pour chacun des enfants concernés, une perte affective importante à des degrés variés.

Peut-on agir pour aider les enfants qui se sentent malheureux en raison de circonstances semblables? Certainement, à condition de bien saisir ce que la situation en cause signifie vraiment pour eux.

À ÉVITER

  • D’abord, éviter de parler immédiatement à l’enfant des “avantages” de sa nouvelle situation.

  • Éviter surtout de vanter les qualités de la personne remplaçante.

(L’enfant est absolument incapable, alors qu’il est submergé par ses émotions, de tenir compte de tels points de vue.)

À FAIRE

  • Prévoir un temps suffisant, seul(e) avec l’enfant, s’asseoir tout près de lui, l’entourer.

  • Traduire en mots simples ce qu’il peut ressentir, par exemple: «Tu as beaucoup de peine d’avoir perdu ‘telle personne’ que tu aimais beaucoup...(*) Tu aurais voulu qu’elle soit là tout le temps... Ça ne te tente plus d’aller à l’école... On trouve ça dur car ça arrive ces choses-là... etc.

(*) Ces points de suspension indiquent une pause de quelques secondes à faire, pour permettre à l’enfant d’absorber votre message.

  • Si l’enfant peut, selon son âge, vous dire lui-même sa peine, sa colère, ses regrets, l’écouter simplement avec attention et affection, sans le raisonner et ce, le temps qu’il faudra.

  • Il pleure? Ne l’en empêchez pas. Donnez-lui un mouchoir sans un mot et gardez-le dans vos bras ou tout près de vous.

Il est probable que, se sentant compris dans ce qu’il vit, votre enfant retrouve bientôt le sourire et redevienne peu à peu capable d’apprécier les autres aspects plus positifs de sa nouvelle situation.

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Chaque année, l’approche des Fêtes opère une magie dans la tête des enfants, mais aussi…des parents! On anticipe longtemps d’avance ces rencontres familiales, festins et sorties spéciales entre amis ou ni le réveille-matin ni la routine précipitée du retour du travail ne viendront contaminer cet espace de temps. Cependant, « mieux vaut prévenir que guérir » ; voici donc pour des parents avertis, quelques suggestions qui peuvent aider à la réussite de cette belle période des Fêtes :


  • Organiser le dépouillement de l’arbre de Noel dans une séquence qui favorise l’harmonie. Il arrive parfois qu’une fois que l’enfant ait déballé son premier cadeau il ne veuille plus ouvrir les autres? ou encore que nous avons peur de perdre des morceaux d’un certain jeu, ou encore on entend les petits tous peinés nous dire pourquoi moi j’ai pus de cadeau pis mes cousins eux oui??

    • Suggestion ; Faut-il absolument déballer tous les cadeaux avec les cousins cousines?? Faites un choix de cadeaux à offrir avec la grande famille et choisissez un moment qui vous convient pour vous gâter avec votre petite famille. Optez pour le cadeau le moins excitant au début.

  • Faut-il insister pour que les enfants partagent leurs nouveaux jouets ?

    • Suggestion ; Il est tout à fait légitime qu’un enfant ne soit pas prêt à partager tout de suite un nouveau jouet. Mieux vaut le laisser l’explorer et l’apprivoiser. Lorsque sa curiosité sera satisfaite il sera davantage disponible pour le partager.

  • Un enfant semble exclu du groupe d’enfants présents ?

    • Suggestion; Votre enfant a de la difficulté à trouver sa place parmi les autres? Il se retire tout en peine ou se fâche contre les autres? L’intervention d’un adulte est souvent nécessaire pour corriger la situation et retrouver la magie du moment. Prévoyez avec l’enfant quoi faire si cela arrive. Qu’il vienne tout d’abord vous en parler. Offrez lui la possibilité de s’apporter un livre (ou un jeu) auquel il aime jouer seul. Il pourrait se retirer quelques instants du groupe afin de prendre une pause pour mieux retourner jouer avec les autres une fois les esprits calmés.

  • L’impossibilité de faire la sieste ou l’heure tardive pour aller au lit crée de l’impatience chez les petits et les grands.

    • Suggestion; On sait tous à quel point la routine prend l’bord pendant les Fêtes, d’ou l’importance de faire des choix confortables pour vous et pour les enfants. Prévoyez des moments de détente qui vous permettront de récupérer, respectez votre rythme et celui de vos enfants.

  • Les enfants sont trop casaniers et ils sont rivés à leur monde électronique ?

    • Suggestion; Profitez de cette période pour s’oxygéner en famille à l’extérieur et apprécier les activités hivernales comme la glissade, le patinage, le ski….


Et voilà, souvenez-vous que la période des Fêtes est censée être une période de joie et de bonheur. En espérant que notre petit guide aura pu vous aider ou du moins vous faire sourire….


On vous souhaite de belles et joyeuses fêtes,


Toute l’équipe d’Éducation-Coup-de-Fil


Ce bonhomme joufflu, à la générosité sans bornes, a fait partie de l’imaginaire de plusieurs générations d’enfants… Jusqu’à quel âge est-il pertinent d’y croire?

Les tout-petits évoluent dans un monde mi-réel, mi-imaginaire, rempli de fées, de princesses, de chevaliers et d’invincibles…qui habitent leur quotidien. Le monde des contes, du fantastique, est en quelque sorte leur « réalité » jusqu’à ce que leur développement intellectuel permette une meilleure compréhension du monde extérieur. Il est donc sain et naturel de leur laisser vivre cette étape de leur enfance. Au même titre qu’à la lecture d’un livre ou à l’écoute d’un film qui donne vie à un pingouin qui parle, ou une souris qui cuisine, vous ne leur mentez pas.

Aussi longtemps que la magie opère, on ne s’interpose pas, mais dès que l’enfant pose des questions et qu’il soulève des doutes, on doit lui dire la vérité. C’est vers 5-6 ans que l’enfant commence à ne plus y croire. En le confirmant dans ses doutes, il sera sûrement déçu mais c’est mieux que ça vienne du parent plutôt que d’un compagnon de sa classe qui lui dit qu’il est idiot de croire ENCORE au Père Noël…

S’il continue à y croire au-delà de 6 ans, la tâche vous revient de lui apprendre la vérité. Sinon, il pourrait vous en vouloir de l’avoir laissé croire à cette histoire. Parlez-lui, en lui précisant que les vraies personnes ne peuvent voler dans le ciel ni déposer leur traîneau sur un toit…ça n’existe pas dans la réalité.

Lui apprendre la vérité vous permet de lui transmettre que ce personnage imaginaire est porteur de l’amour des parents, car oui…ce sont les parents qui achètent les cadeaux. Que vous aussi, vous y avez cru, que vous avez trouvé cela merveilleux et que vous avez voulu vivre cette magie avec lui. Faites lui comprendre de ne pas en parler à ses frères et sœurs plus jeunes, comme vous l’avez fait avec lui et qu’il le fera avec ses propres enfants plus tard. Il devient le gardien d’un grand secret…

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Youpi! Voilà les vacances qui arrivent! Les enfants ont hâte de jouer sans penser aux devoirs à faire et aux leçons à apprendre... Les parents, eux, souhaitent arrêter de courir, profiter d'un peu de bon temps, recharger leurs batteries...

Il serait bien agréable – mais utopique! – de penser que l'harmonie se fera naturellement. Il faudra plutôt mettre en place quelques règles d'organisation. Ainsi, au début des vacances, on pourrait tenir un « mini conseil de famille », simple et joyeux, où parents et enfants en âge de s'exprimer partageraient ce qu'ils se proposent de faire pour rendre l'été agréable pour tous. Ces « engagements », si minimes soient-ils selon l'âge des enfants, pourraient être affichés sur le frigo et faire l'objet, au besoin, de certains réaménagements. Cette façon de faire, qui n'a rien de magique, permettrait aux jeunes de développer leur sens des responsabilités et leur estime d'eux-mêmes, en ayant le mérite de diminuer un peu le nombre d'accrochages familiaux du quotidien.

Quelques suggestions

Par ailleurs, comme une discipline au moins minimale doit être assurée, voici quelques suggestions pratiques pour l'obtenir, sans que le parent doive jouer le rôle désagréable « d'agent de paix »... Ainsi, pour remplacer les interventions d'autorité quand elles ne sont pas vraiment nécessaires :

• Utiliser des moyens neutres. Exemple : Convenir avec les enfants que la lumière extérieure s'allumera quand ce sera l'heure de rentrer se coucher. Le jour, ce pourra être un autre signe indiquant le moment du repas. Dans la maison, la minuterie pourra être d'une grande utilité.

• Si votre enfant se retrouve seul parce qu'il s'approprie tous les jouets et ne veut rien partager, n'intervenez pas. Il apprendra certainement par lui-même que ses copains le fuient quand il agit ainsi.

• Établir des limites précises. Exemple : « Tu peux aller jusqu'à tel endroit avec ta bicyclette » (et non « Ne va pas trop loin »). Ces limites peuvent être adaptables selon l'âge des enfants. Exemple : L'heure de retour d'une sortie pour les ados. Ainsi, un « Ne rentre pas trop tard... » serait sans doute fort différent dans l'esprit du jeune et celui du parent! Mieux vaudrait une petite négociation sereine débouchant sur une décision claire satisfaisant les deux parties.

• Les enfants – les vôtres et les petits voisins – se bagarrent? S'ils ont plus de 4-5 ans, ils sont de force égale et ne risquent pas de se faire vraiment mal, laissez-les régler entre eux leurs conflits. Ils en sont généralement bien capables si on ne le fait pas à leur place.

• La famille part en voyage. Vous avez tout prévu pour occuper les enfants de manière intéressante. Au début, tout va bien. Mais voilà que ça se gâte sur la banquette arrière : chicanes, hurlements, crêpage de chignon... Le parent au volant dit une première fois d'un ton naturel qu'il (ou elle) a besoin de toute son attention pour conduire en toute sécurité. Le calme revient? Parfait. Mais si la bisbille recommence, le conducteur, sans un mot, prend la première sortie et se stationne au premier endroit disponible. Surprise des enfants : « Pourquoi on n'avance plus?... – Parce que je ne peux pas conduire de façon sécuritaire dans ce tapage. On repartira quand ce sera calme. » Généralement efficace immédiatement, tout en transmettant une saine leçon de prudence.

• Place à une foule d'autres idées de solutions à inventer!

Enfin, n'oublions pas que la constance est la meilleure alliée des parents et que la discipline ne devrait pas prendre congé, même en vacances. Sur ce, nous vous souhaitons un heureux été porteur d'harmonie, de joie et de détente.

*** À noter :
Chers parents, nos bureaux seront fermés pour la saison estivale à partir du 20 juin.
Nous serons de retour le 7 septembre. Gardez précieusement notre numéro de téléphone.


« Il faut que je sois le père et la mère en même temps! » Combien de fois on entend ces mots qui témoignent d'une grande lassitude… Reconnaissons que le parent seul, comme tout parent, a des limites. Les «superwomen» et les «supermen» n'existent qu'à la télévision ou dans les romans. Vivre le rôle de père OU de mère de son mieux, c'est déjà une formidable réussite.

Plusieurs parents seuls gardent au fond d'eux-mêmes la nostalgie de la famille biparentale. Si deux parents sont heureux ensemble et sont tous deux engagés auprès de leurs enfants, c'est évidemment la situation la plus favorable. Mais il existe aussi, malheureusement, certaines familles biparentales où l'un défait à mesure ce que l'autre fait… D'autres couples parentaux sont soudés par des discordes continuelles… etc…

La vie du parent seul (père ou mère) avec ses enfants est nettement préférable à ces tableaux négatifs. L'important pour le parent seul est de créer des liens avec l'extérieur pour éviter un lien trop exclusif parent/enfant, et surtout lui permettre de reprendre son souffle auprès d'autres adultes.

Existe-t-il des moyens d'éliminer, sinon d'atténuer certains obstacles pouvant miner l'existence des familles monoparentales? Essayons…

Quelle que soit la forme de garde établie dans votre famille, le bien-être émotionnel des enfants et la bonne marche de chacun des foyers parentaux sont favorisés par le respect de certaines règles essentielles. En voici quelques-unes :

• Que chacun des parents établisse que c'est lui qui détient l'autorité quand les enfants se trouvent sous son toit.

• Maintenir autant que possible un lien important avec le parent non gardien pour ce qui concerne les enfants.

• Quand l'enfant est chez maman, c'est elle qui l'éduque de la façon qu'elle juge la meilleure. Quand il est chez papa, c'est alors ce dernier qui agit de son mieux en ce sens. Donc, à éviter absolument de critiquer l'autre et de se donner mutuellement des leçons.

• Respecter l'autre parent en tant qu'homme ou femme et respecter sa vie privée.

• C'est chaque parent qui est responsable du maintien et du développement harmonieux de son lien avec son ou ses enfants. Encore faut-il qu'il n'y ait pas d'entrave et que cela puisse se faire dans un climat le plus ouvert possible. Il faut, évidemment, que chaque parent accepte que le séjour de l'enfant chez son autre parent ne se passe pas exactement de la même manière que chez soi. Dans ce contexte de différences (et non de danger, bien sûr), il y a lieu de se rappeler que le maintien du lien affectif existant apporte plus d'avantages à l'enfant que les inconvénients mineurs peuvent lui être nuisibles.

Il apparaît essentiel de mentionner une situation extrêmement néfaste à laquelle il est urgent de mettre un frein si, par malheur, elle était déjà installée : Les conflits interminables entre les ex-conjoints dans lesquels les enfants se trouvent utilisés de diverses manières pour assouvir la rancœur toujours présente. Que faire alors? Dans un tel contexte explosif, l'attitude responsable serait d'éviter de réagir en tentant de se justifier. Difficile? Oui. Frustrant? Oui. Mais on sait qu'un feu non alimenté finit peu à peu par s'éteindre de lui-même, pas vrai?

La vie du parent seul n'est pas celle qu'il avait choisie… Et les écueils qui jalonnent sa route n'étaient pas prévus. Y a-t-il, pour le parent seul, une possibilité de bonheur dans sa situation? Oui, si chacun sait établir un sain équilibre entre ses propres besoins et ceux de sa famille. Les enfants vivront heureux et épanouis si leur parent réussit à l'être.


Aurélie a deux ans et demi et elle se sent parfaitement heureuse, mais son entourage ne voit pas la chose du même œil! Sa grand-mère, sa tante et la voisine s'étonnent de la voir ainsi, suce au bec, alors que ses parents, surtout sa mère, en sont fort mal à l'aise. À la garderie, ses copains plus âgés traitent Aurélie de « bébé-la-la ». Cela la laisse complètement indifférente… elle aime tellement sa suce!

Une source de plaisir et de réconfort

Pour plusieurs tout-petits et ce, jusqu'à environ 18 ou 24 mois, le fait de sucer représente une source importante de plaisir. Déjà, dans l'utérus, le fœtus suce son pouce. Par la suite, cette activité est un moyen essentiel de survie pour les nourrissons.

Lors de la première phase de leur développement, c'est également par la bouche que les enfants prennent connaissance des objets qui les entourent. Que font spontanément les bébés à qui on présente un nouveau jouet? Ils le portent à leur bouche. C'est leur façon de l'explorer et de l'apprivoiser.

Beaucoup d'enfants abandonnent d'eux-mêmes leur suce, leur biberon ou leur « doudou » à un moment donné. Mais il n'y a pas d'âge fixe auquel il faut les leur retirer à tout prix. Quelques enfants ont besoin d'un objet qui les sécurise plus longtemps que d'autres. Certains, après avoir abandonné leur objet de prédilection depuis un long moment, y reviennent à l'occasion d'un changement survenu dans leur vie (naissance d'un frère ou d'une sœur, déménagement) ou d'un événement qui les rend anxieux (hospitalisation d'un parent, etc.).

Quand les enfants régressent ainsi, c'est-à-dire quand ils reviennent à un ancien comportement, cela veut dire qu'ils retournent à une étape où ils se sentaient bien, heureux et en sécurité. Les mini-régressions ne doivent pas vous alarmer. Elles sont normales et, la plupart du temps elles font partie du développement et disparaissent d'elles-mêmes si on laisse les enfants les vivre selon leur besoin. Si toutefois elles se prolongent, il faut tenter de trouver la signification de cette régression et identifier à quel besoin particulier elle répond chez l'enfant.

Quand l'habitude se prolonge indûment

Que devez vous faire si l'habitude de la suce ou du biberon se prolonge jusqu'à trois ans? Vous pouvez aider l'enfant à s'en détacher graduellement en limitant, par exemple, l'usage de la suce au sommeil. Vous pouvez aussi vous procurer un petit jouet attrayant aux yeux de l'enfant. En le montrant, vous dites de façon très naturelle : « C'est pour toi ça, quand tu n'auras plus besoin de ta suce. »

Vous n'aurez ensuite qu'à placer le jouet dans un endroit visible où il pourra être admiré, mais où il restera inaccessible…

Vous pourrez certainement trouver d'autres moyens qui n'engendreront pas trop de frustrations chez l'enfant et qui agiront graduellement, en douceur. Surtout, évitez de vous en faire : quand Aurélie ira à l'école secondaire, elle n'aura plus de biberon ni de « doudou »!


Différentes raisons peuvent inciter les enfants à mordre. L'observation de l'enfant et de ce qui se passe avant l'utilisation de ce geste, aidera à mieux intervenir. La phase de développement, le degré de maturité et la personnalité contribue aussi à mieux comprendre.

Pour un jeune enfant, la poussée dentaire peut en être la cause. Il peut traverser une étape dans laquelle il découvre l'utilisation de ses mâchoires et expérimente en mordant un peu tout, même des personnes. Il doit cependant apprendre qu'il ne peut pas tout mordre.

Certains moyens sont généralement efficaces

• Si l'enfant mord la personne qui le tient dans ses bras, il est important de lui dire sur un ton sérieux : « On ne fait pas ça. Ça fait mal » et aussitôt, cesser le contact en le déposant ou en s'éloignant afin de lui démontrer que nous n'avons pas le goût d'être à ses côtés suite à ce comportement. Ainsi, il associera progressivement qu'en agissant ainsi, il ne reçoit pas d'attention satisfaisante. Il est plutôt perdant. En contrepartie, l'adulte peut démontrer une attention chaleureuse lorsque le contact est positif et utiliser des gestes doux tels de petites caresses sur la joue, la main en mentionnant « Je suis content d'être avec toi, de te bercer, de jouer ou de te prendre… doux, doux. C'est agréable ».

• Identifier et rendre accessible à l'enfant un ou des objets à mordre du genre anneau ou collier de dentition qui peuvent être accrochés après son vêtement. Si l'enfant s'apprête à mordre, lui mettre l'objet substitut dans la main en lui disant « Tu peux mordre ceci ou cela ».

• Jouer, de manière amusante, à nommer avec l'enfant, ce que l'on peut mettre ou non, dans la bouche et mordre.

Vers 2, 3 ans. - Observer et identifier les moments, les occasions ou il mord : pour obtenir ce qu'il désire auprès d'un autre enfant, lorsqu'il est contrarié, fatigué. C'est peut être une façon maladroite d'exprimer « Veux-tu jouer avec moi ? », « Je suis content de te voir » ou de manifester sa colère comme pincer, lancer ou frapper. C'est l'âge de « la pensée magique » et il est possible qu'en ayant déjà mordu un enfant, il ait obtenu l'objet désiré.

Aider les enfants à dire au lieu d'agir

Dès que l'enfant parle l'adulte peut l'aider à trouver des mots adaptés à son niveau de langage pour l'amener à exprimer son désir ou mécontentement au lieu d'utiliser ce geste.

• S'approcher de la victime, la consoler et l'aider à dire à l'agresseur : « J'aime pas ça que tu me mordes! Ça me fait très mal! ». Ainsi un réconfort est apporté à la victime alors que l'agresseur reçoit peu d'attention. Une autre façon serait de vous adresser directement à l'agresseur et de traduire le geste en mot. « Tu es bien fâché contre Camille…. Tu as le droit d'être fâché et de lui dire : J'aime pas ça que tu détruises ma construction…, je suis fâché! Mais tu ne peux pas le mordre ». Si le désir de l'enfant est trop grand, lui proposer de mordre un objet substitut.

• Favoriser dans des moments calmes où l'enfant est réceptif, des jeux de rôles avec des toutous et faites parler ces derniers avec des mots et un ton adaptés à une situation conflictuelle ressemblant à un vécu connu. Souvent les enfants sont plus attentifs et réceptifs lorsque ce sont des marionnettes qui parlent.

Ces apprentissages se font graduellement.

L'adulte doit toujours doser l'intensité de sa réaction. Peu importe son âge, l'enfant associe rapidement un comportement et une réaction de l'adulte. Il est aussi sensible au contenu des conversations qu'il entend. Il aime qu'on parle de lui. Il a tendance à répéter un comportement qui déclenche une réaction donc, une satisfaction pour lui. Il est donc souvent préférable d'en parler peu mais d'observer et d'agir.


Thomas, 4 ans, vient de découvrir un jeu qu'il trouve passionnant : Lancer tout ce qui se trouve à sa portée. Que se passe-t-il? Est-il fâché? Mais non, remarquez son grand sourire et sa mine de vainqueur!

Comme nombre de jeunes enfants, il a constaté tout à coup l'effet puissant que ses gestes peuvent produire. Bien loin de lui alors, le souci que les objets lancés accrochent quelques têtes ou objets fragiles au passage!

Évidemment, il est urgent d'arrêter très vite ces "jeux aériens" dangereux. Une façon simple de le faire, est d'invoquer la raison d'être des objets en cause. Par exemple : « C'est pour quoi faire des blocs? » - « Qu'est-ce qu'on fait avec un camion? » Pas de réponse? Joignons le geste à la parole : « On bâtit des maisons » - « On le fait rouler à terre ».

Si, au lieu de cesser, l'enfant vous répond d'un air narquois, en passant à l'action : « C'est pour lancer! » Retirons les jouets en cause - de façon calme et neutre - et déposons-les hors de sa portée en ajoutant : « Les jouets vont attendre là, jusqu'à ce que tu sois prêt à jouer avec eux de la bonne manière… »

Toutefois, si c'est dans un accès de colère que des enfants lancent tout ce qui les entoure, la signification de leur geste n'est pas la même et l'intervention doit être différente. Exemple : Une fois les projectiles mis hors d'état de nuire, on retient physiquement l'enfant, si nécessaire, en disant d'un ton correspondant à l'émotion qui l'agite : « Tu es bien fâché (pour telle raison)… Tu as le droit d'être fâché… Tu peux le dire… Mais on ne peut pas lancer des objets… »(*)

Quand il est possible de le faire, il y a un grand avantage à prévoir un petit coin de mur réservé pour lancer des projectiles qui ne causent aucun inconvénient. Par exemple, des balles de caoutchouc-mousse ("foam") peuvent remplacer le geste agressif de lancer par un geste inoffensif de même nature. Et ne vous inquiétez pas, une telle substitution, bien encadrée, n'entraîne pas d'habitude malsaine.

(*) Les points de suspension indiquent une pause de quelques secondes pour permettre à l'enfant d'absorber votre message.


Ce n'est pas pour les enfants, mais pour les parents que le rangement des jouets est un problème, car, contrairement à ces derniers, les enfants s'accommoderaient bien d'un fouillis! Pour eux, la notion d'ordre est loin d'être la même que pour les adultes. Une fois qu'ils les ont tous alignés au beau milieu de la pièce, Alexandre ou Florence considèrent probablement que leurs jouets sont parfaitement rangés!

Puisqu'il faut bien que cette difficile habitude de l'ordre soit inculquée tôt ou tard, aussi bien le faire de façon amusante, non? Le jeu permet d'obtenir les meilleurs résultats, mais les parents doivent se sentir confortables avec cette façon de faire.

Quelques suggestions :

Quelques mises en situation peuvent être utilisées pour faire participer les enfants au rangement :

• Le déménagement. Faites semblant de téléphoner aux enfants pour louer un camion et donnez les directives sur les choses à faire.

• Le magicien. Les yeux fermés, dites une « formule magique » et comptez jusqu'à 10 en précisant qu'à 10, tous les jouets devront avoir disparu.

• Le robot. Faites semblant d'ajuster des manettes dans le dos des enfants en précisant ce que chacune entraîne.

Enfin, vous pouvez recourir à un moyen neutre, comme une minuterie ou un réveille-matin : « Au timbre sonore, tous les jouets devront être à leur place pour dormir jusqu'à demain. »

Ce sont là des petits trucs efficaces avec les enfants d'âge préscolaire et vous pouvez laisser libre cours à votre imagination pour en créer d'autres.

Quelle que soit votre façon d'intervenir il est important d'intégrer cette bonne habitude à la routine quotidienne. Faire équipe avec eux en leur donnant l'exemple les aide à apprendre et à intégrer cette valeur.


« Même la meilleure éducation ne supprime pas toute anxiété et n'élimine pas les risques qui existent dans l'univers des enfants... » C'est ce qu'écrit une auteure américaine, Selma Fraiberg, respectée des professionnels de l'Enfance. L'apparition d'un puissant lien d'amour entre le nourrisson et sa mère produit nécessairement chez l'enfant une période d'anxiété à la séparation. Ce lien d'amour est nécessaire à son développement et l'anxiété à la séparation est reliée à la crainte de l'avoir perdue si elle disparaît. C'est ce que le jeune bébé vit dans sa première année de vie. Puis avec le temps et l'évolution normale de son développement l'enfant devient capable de se représenter l'image et la présence de sa maman; et, avec différentes expériences vécues de séparations et retours, il sera de plus assuré de son éventuel retour.

Or, même après des expériences réussies d'adaptation, certains événements ou circonstances pourront, à divers degrés et à différentes périodes de la vie des enfants, ramener ou raviver cette anxiété de séparation. En voici deux exemples :

1. - Chloé fréquente la garderie depuis trois mois. Maman fut même étonnée de la facilité avec laquelle elle la quitta le premier jour. Chaque matin elle se réjouit de retrouver l'éducatrice et ses nouveaux amis. Puis, viennent les congés des Fêtes suivis d'une semaine de vacances avec papa et maman. Au retour à la garderie, c'est la catastrophe : cris et pleurs, Chloé refuse de se séparer de maman et de rester à la garderie. L'éducatrice la prend par la main et l'invite à rejoindre les amis qui l'attendent. Maman l'embrasse et lui rappelle que comme toujours elle viendra la reprendre à la même heure à la fin de la journée. Puis elle quitte (le cœur gros) en lui laissant son foulard imprégné de son parfum.

Au bout de trois jours, tout rentre dans l'ordre, la routine reprend, Chloé ne pleure plus le matin, rassurée que maman reviendra.

2. - Félix, depuis 1 mois, ne veut plus aller à la garderie qu'il aimait bien pourtant. Les lundis n'arrivaient jamais assez vite... Mais maintenant, ce sont des pleurs et des protestations à n'en plus finir chaque fois que maman ou papa le dépose à la garderie. De plus, il semble toujours inquiet. Il ne participe pas beaucoup aux activités et il lui arrive même d'agresser ses copains, ce qu'il ne faisait jamais auparavant.

Que veulent dire de tels changements?

Il faut se rappeler qu'il peut souvent avoir un évènement déclencheur à l'origine d'un nouveau comportement à la garderie : changement d'éducatrice, changement de groupe, départ d'un(e) ami(e); à la maison : vacances prolongées avec les parents, déménagement anticipé ou récent, arrivée d'un nouveau bébé dans la famille, séparation des parents, hospitalisation d'un parent...

L'éducatrice et les parents de Félix ont donc mis en commun leurs idées et observations permettant de faire un lien avec le décès subit du grand-papa un mois plus tôt... et alors tout s'éclaire. Félix a bien peur que l'un ou l'autre de ses parents ne disparaisse aussi, comme ce grand-papa qu'il adorait et qu'il n'a plus revu...

Que peuvent faire les parents?

Il est donc important que parents et éducateurs mettent en commun leurs informations et observations pour être en mesure d'identifier le ou les changements vécus par l'enfant afin de l'aider à mettre des mots sur les émotions qu'il vit et lui permettre de les exprimer.

Ainsi, avec Chloé, « Tu voudrais que ce soit toujours les vacances et être toujours avec papa et maman. Tu n'aimes pas ça quand ils vont travailler et te laissent à la garderie et ça te fait peur... Tu crains peut-être qu'ils ne reviennent pas te chercher... »

Beaucoup d'adultes craignent qu'en exprimant ainsi les émotions « on ne tourne le fer dans la plaie », mais en réalité, on crève plutôt un abcès. Cela ne se fait pas sans douleur certes, mais dans la majorité des cas, les enfants se sentent alors vraiment compris et vont mieux.

Ce n'est qu'après cette étape qu'on peut alors les assurer de notre retour, de notre amour.


Loïc agace Antoine jusqu'à ce que celui-ci se fâche et lui donne un coup de poing. Loïc accourt en larmes en criant : « Antoine m'a battu! » Cela vous est familier? Habituellement, dans ces circonstances, les adultes interviennent en « arbitres », séparent les combattants et punissent celui qui a frappé. Il serait important d'examiner les dessous d'une telle scène en se souvenant que la rivalité pour obtenir l'attention des adultes est toujours présente entre les enfants et que chacun voudrait que l'adulte prenne sa part contre l'autre.

Si vous prenez parti pour Loïc, qui a reçu le coup de poing, et que vous punissez Antoine, vous risquez d'être injuste pour ce dernier, car son geste agressif a été provoqué par Loïc. Que vous faut-il faire alors? S'il n'y a pas de danger de blessure, il vaut beaucoup mieux ne pas intervenir et se contenter de répondre à Loïc, de façon très naturelle, quelque chose comme : « Je n'étais pas là, moi, je n'ai rien vu, mais je pense que vous êtes capables, tous les deux, de trouver une solution pour régler cette chicane. »

Cela vaut généralement si deux enfants seulement sont concernés et s'ils ont plus de quatre ans. Ils sont alors capables d'apprendre à régler eux-mêmes leurs conflits, ce qui est un excellent apprentissage. Bien sûr, il y aura toujours des chicanes entre enfants, mais en répétant chaque fois le même type d'intervention, vous vous rendrez bientôt compte que ces conflits deviennent moins fréquents, durent moins longtemps et que les enfants développent ainsi une nouvelle habileté sociale.

Si le conflit persiste et qu'il y a un risque que les enfants se fassent vraiment mal, il faudra séparer les belligérants en les invitant, d'un ton calme et neutre, à aller chacun dans son coin jusqu'à ce qu'ils soient capables de jouer ensemble paisiblement.

Dans le cas d'agression gratuite, l'intervention habituellement la plus efficace consiste à se placer physiquement à côté de l'enfant agressé et à lui dire : « Dis à Sébastien : Je ne veux pas que tu me tapes. As-tu compris? » Cela a pour effet de réconforter la « victime » tout en privant l'agresseur d'une attention directe de votre part.

Mais si Sébastien, enragé, continue d'attaquer l'autre, vous devrez intervenir physiquement pour l'empêcher d'agir. Tenez-le fermement en lui disant : « Tu es bien fâché contre lui. Tu peux lui dire que tu es fâché. Mais tu ne peux pas le frapper. C'est inacceptable. Viens, tu vas plutôt frapper ce gros coussin. »

Ça ne va toujours pas? Le troisième recours pourra consister à lui laisser passer sa crise à l'écart… et lui demander de revenir lorsque vous le jugerez prêt.


Il vous est sans doute arrivé de sursauter en entendant votre rejeton clamer avec enthousiasme des mots comme « caca - fesse - pipi - pénis » et autres semblables. Ou encore de retentissants « tabarnak - stie - câliss! » …

Ces gros mots forment deux catégories. La première, qu'on retrouve fréquemment chez les enfants d'âge préscolaire, coïncide avec une phase de leur développement au cours de laquelle leurs fonctions d'élimination et leurs organes génitaux les intéressent au plus haut point. Par ailleurs, les enfants se rendent bien compte combien ce genre de paroles recueille un joyeux appui auprès des autres enfants. Et quel plaisir aussi de voir réagir l'entourage!

Par contre, les sacres sont généralement le produit de l'imitation des adultes, d'enfants plus grands ou de programmes de télévision. Aux yeux des enfants, les employer, « ça fait grande personne »!

Peut-on contenir ces agissements désagréables? Dans le premier cas, on peut entrer dans l'action de façon naturelle et neutre en disant simplement : « Tu oublies des morceaux : bras, jambes, cou, genoux, etc. » Pas très excitant pour eux!

Pour ceux de la deuxième catégorie, un moyen souvent efficace est de demander, de façon encore ici, simple et naturelle, ce que veulent dire ces mots qu'ils emploient. Ils ne le savent évidemment pas. On continue : « Ça doit être bien ennuyeux de dire des mots qu'on ne comprend pas… »

Quelques mères, elles-mêmes éducatrices en garderie, nous ont dit avoir utilisé avec succès certaines explications : «Un tabernacle, c'est une sorte de petite armoire. » - « Un calice, c'est un grand verre doré dans lequel on met du vin. » - Ah?... Point final!

Observons que les bambins qui s'expriment dans l'un ou l'autre des langages mentionnés, ont habituellement une mine réjouie, car ils réussissent à faire réagir les adultes. C'est très plaisant pour eux et ils recommenceront sûrement s'ils obtiennent l'effet qu'ils recherchent.

Que faire alors? Dans la plupart des circonstances où les enfants font usage de gros mots, il est sage d'éviter d'y accorder la moindre attention. En y opposant une attitude d'indifférence (ex : changer simplement de pièce de façon naturelle, sans rien dire), on verra probablement l'activité désagréable s'évanouir peu à peu. Pourquoi? Il est reconnu qu'un enfant préfère qu'on s'occupe de lui sous forme de remontrance ou de punition, que de ne recevoir aucune attention de l'adulte. Mais il faudra ensuite, le plus rapidement possible, mettre en valeur le prochain comportement positif de l'enfant, de sorte qu'il y trouve davantage de satisfaction. C'est alors celui-là qu'il sera porté à répéter.

Tout ce qui précède vaut pour les situations où l'enfant dit ses gros mots l'air tout joyeux avec un petit sourire en coin. Si au contraire il exprime ainsi de la colère, des moyens différents devront s'appliquer.


Très souvent, on entend des parents exprimer cette crainte : « Je ne veux pas le prendre pour ne pas trop le gâter. » Choyer un enfant et le gâter sont deux réalités bien différentes.

Choyer ne signifie pas gâter

Dès leur naissance, les enfants ont un besoin vital de contact physique. En les prenant, en les berçant, en les caressant, etc…, les parents répondent à ce besoin et leur transmettent le sentiment d'être aimés. Ces gestes ne sont aucunement une façon de les gâter! Parfois, les parents cajolent les jeunes bébés mais sont ensuite portés à négliger de le faire à mesure que les enfants grandissent, alors que le besoin de contact physique chaleureux est toujours présent.

Gâter les enfants, c'est plutôt permettre à certains mauvais comportements de se maintenir malgré un niveau de développement plus avancé de l'enfant. Par exemple, l'enfant de six ans, qui obtient tout ce qu'il veut par des crises, adopte un comportement qui correspond à celui d'un enfant de deux ans. De même, un enfant de huit ans pourrait être considéré gâté s'il refuse de tenir compte des besoins et limites de ses parents (âge où il est capable de le faire) et les harcèle avec ses exigences tyranniques.

Il importe d'insister sur le caractère habituel ou répétitif de ces comportements pour juger que des enfants sont gâtés. En effet, si de tels comportements apparaissent subitement, il faut d'abord vérifier si un événement ou une situation particulière affecte ces enfants et, au besoin, recourir aux solutions appropriées.

Quelques suggestions

Certaines attitudes parentales sont souhaitables pour diminuer ou éliminer le risque de « gâter » les enfants :

Avoir des attentes réalistes qui tiennent compte de l'âge et du développement des enfants. Un enfant de deux ans ne peut se conduire comme s'il avait quatre ans.

Déterminer clairement quelques exigences et interdictions par rapport à ce qui est essentiel dans la famille, en prenant soin de ne pas les multiplier inutilement. La frustration est déjà partie intégrante de la vie du petit enfant et il n'est pas nécessaire de la provoquer intentionnellement.

Être constant par rapport à ce qu'on exige ou défend.

• Il ne faut pas avoir peur de dire « non » et de rester ferme si on doit imposer des limites justifiées.

L'application de ces quelques principes, dans une atmosphère familiale chaleureuse et pleine d'affection, crée les conditions favorables pour que les enfants se sentent aimés et respectés. Ils développent ainsi une confiance en eux et dans la vie.


Surtout, ne pas baisser les bras

« Il n'a plus besoin de moi, car il me dit qu'il est assez vieux pour prendre ses décisions seul… ». Quel parent d'adolescent n'a pas prononcé cette phrase à un moment ou à un autre? Qu'en est-il de l'autorité parentale lorsque l'adolescence débarque? Comment se positionner comme parent face à ce changement qui survient toujours trop tôt? Comment s'adapter à cette maturité naissante?

Jusqu'à ce jour le parent exerçait une autorité plutôt directive envers son jeune. Cette autorité doit maintenant évoluer vers une forme d'autorité conseil. L'autorité devient pour l‘adolescent un test de cohérence face aux demandes parentales, car l'adolescent par définition questionne, argumente et négocie pour créer son identité propre. Les règles mises en place par le parent se doivent d'avoir un sens et une raison d'être. L'adolescent a le droit de savoir et de connaître le raisonnement sous-jacent à la règle établie.

Il est important dans cette attitude d'autorité conseil, de consulter l'adolescent afin de connaître sa position et ainsi l'accompagner dans le développement de son jugement et de sa maturité.

Par exemple la première fois que l'adolescent demande pour aller au cinéma seul avec ses amis, cette demande exige un ajustement et une souplesse au parent. L'apprentissage de la liberté se fait de façon progressive et réfléchie. Le parent, s'il se sent coincé ou pris de cours, peut demander à son jeune un temps de réflexion et lui demander ce que sont ses intentions. Donner trop de liberté trop tôt est plus difficile à récupérer par la suite car il est plus difficile de faire marche arrière après. L'adolescent a besoin de percevoir que dans cette attitude d'encadrement le parent est soucieux de son bien-être. Ne vous attendez pas à ce que l'adolescent admette qu'il comprend votre attitude mais il ressentira bien votre préoccupation.

Transmettre un message à un adolescent nécessite une communication courte,concrète et précise; le parent ne s'éternise pas sur la consigne et une fois le message transmis il passe à autre chose. En ce qui concerne la négociation parent-adolescent : si le consensus est impossible, (et ce n'est pas rare) c'est au parent éducateur de prendre la décision finale.

Parents demeurez « le coach » de vos adolescents et évoluez avec eux. Ils se dirigeront ainsi vers l'autonomie et ils éviteront ainsi de devenir des Tanguy…


Combien de parents ont l'impression d'être les marionnettes de leurs enfants! Il leur semble que ceux-ci manigancent toutes sortes de stratégies pour arriver à leurs fins.

La réalité est bien différente… car les jeunes enfants n'ont pas encore développé les capacités intellectuelles pour manipuler. Mais ils ont vécu certaines expériences…

Thomas, par exemple, a souffert d'une otite, le mois passé. Quand il pleurait la nuit, sa mère arrivait sur-le-champ, le prenait dans ses bras et le consolait. C'était réconfortant! Pour lui, l'expérience se résumait ainsi : pleurer la nuit fait apparaître maman et tout plein de choses agréables. N'est-il pas naturel de continuer à pleurer la nuit pour obtenir ces consolations? Maintenant qu'il est guéri (et que tout va bien : ni faim, ni peur, ni mal, ni mouillé, etc.…), l'intervention de maman n'est plus nécessaire et Thomas doit se défaire progressivement de cette habitude, même si ça ne lui plaît pas.

Chez les jeunes enfants, les pleurs sans fin ou le harcèlement, pour obtenir quelque chose, sont très fréquents. Évidemment, quand ces comportements leur apportent les résultats désirés ou toute forme d'attention, (même négative), ils ne sont pas près d'arrêter! En effet, ils ont un tel besoin de l'attention des adultes qu'ils préfèrent un reproche plutôt qu'aucune attention. Quant aux adultes, ils sont parfois portés à intervenir surtout lorsque les comportements dérangent, favorisant ainsi, sans le vouloir, des comportements désagréables chez les enfants.

Pour éviter ce piège, profitez des moments où les enfants se comportent bien pour les féliciter, leur accorder votre attention et leur témoigner beaucoup d'affection. Lorsque leur comportement est désagréable mais sans danger, on peut choisir de l'ignorer, ce qui suffit, très souvent, à l'éliminer rapidement puisqu'il est « inutile » pour l'enfant. Un exemple : Émilie, trois ans, veut utiliser des ciseaux dangereux pour elle. Elle refuse les petits ciseaux qui conviennent à son âge et hurle à tue-tête : - « Je veux ceux-là!!! ». - « Non, Émilie, ils peuvent te faire mal. » - « Je les veux quand même, dis oui!!!! » Devant une telle obstination, mieux vaut ignorer et s'éloigner pour faire autre chose. Comme son comportement ne mènera à rien, il est fort probable qu'Émilie finira par arrêter. Le plus tôt possible par la suite, quand Émilie reviendra demander quelque chose sans pleurer ou se plaindre, ce sera l'occasion de valoriser son beau comportement.

Cependant, cette façon d'agir ne fonctionne pas avec tous les enfants… Certains ont besoin qu'on leur signifie très clairement d'arrêter, sans quoi ils pourraient persévérer dans leur conduite, moins par frustration réelle que pour irriter le parent qui leur refuse ce qu'ils désirent.


Dans notre vécu au quotidien avec nos enfants, on constate parfois que nos relations sont souvent teintées d'un grand nombre d'ordres et d'interdictions. Sont-ils vraiment toujours nécessaires? Souvent, d'autres moyens peuvent aider à obtenir la collaboration des enfants, à rendre la vie plus agréable pour toute la famille et tout particulièrement à favoriser la croissance plus harmonieuse de nos petits.

Quelques trucs

• Valorisez les attitudes et comportements positifs en démontrant votre satisfaction (félicitations, tendresse, etc.). À l'inverse, dans la mesure du possible, ignorez les mauvaises conduites, de telle sorte que l'enfant ne trouve aucun intérêt à les répéter.

• Pour inviter l'enfant à ranger ses jouets, utilisez le jeu si vous êtes à l'aise avec ce moyen.

• Laissez les enfants tirer eux-mêmes la leçon des conséquences de leurs mauvaises actions lorsque celles-ci sont sans danger pour eux ou pour autrui (par exemple, ils perdent leurs amis quand ils ne sont pas gentils avec eux).

• Lorsque les enfants lancent des objets et que ce n'est pas dangereux, demandez-leur à quoi servent ces objets? Ils vont réaliser qu'ils les utilisent de manière inappropriée.

Quand faire preuve d'autorité est nécessaire

• Soyez constant par rapport à ce que vous exigez ou défendez.

• Formulez vos demandes clairement et simplement : une chose à la fois et des phrases brèves.

• Établissez des limites précises : par exemple, « Tu peux aller jusqu'à tel endroit (nommer l'endroit). » au lieu de « Ne va pas trop loin ».

• Dès que les enfants peuvent comprendre, expliquez-leur pourquoi vous imposez telle ou telle chose (« Tu ne peux pas jouer avec le couteau parce que ça peut te faire mal. »

• N'exigez pas que les enfants obéissent immédiatement; laissez-les se faire à l'idée (« Il reste cinq belles minutes pour jouer. Après, c'est le bain »).

• Adaptez vos attentes aux capacités réelles des enfants. Très souvent, on leur demande trop de choses trop tôt (ex. : on veut qu'ils soient propres ou qu'ils prêtent leurs jouets alors qu'ils ne sont pas prêts à le faire).

• Ne moralisez pas et ne culpabilisez jamais (« Tu es tellement tannant que tu me rends malade! ») et faites la différence entre la personne et son comportement : « Toi, je t'aime, mais ce que tu as fait, je n'aime pas ça. »

• Distinguez les actes des sentiments : les enfants doivent apprendre à contrôler leurs actions et à exprimer leurs sentiments.

Vous croyez avoir réprimandé injustement ou exagérément un enfant? Reconnaissez-le sans faire de vous une victime. Les enfants en concluront que nous faisons tous des erreurs, mais que l'important, c'est de ne plus les faire et de les réparer dans la mesure du possible.


Pour un parent entendre son enfant lui dire « Je peux jamais rien faire ici!… Je t'aime pus!… Je veux changer de maison… » est comme recevoir une flèche en plein cœur. Les jeunes enfants qui disent de telles paroles doivent-ils être punis? Doivent-ils entendre un sermon sur le respect envers les adultes?

Il est courant que les jeunes enfants utilisent ces expressions blessantes lorsqu'ils sont fâchés. Le parent doit prendre le temps de revoir d'analyser les événements qui ont provoqué ces paroles.

Des mots qui disent les vraies choses.

Souvent l'élément déclencheur de la colère de l'enfant est un interdit ou une directive venant de l'adulte. « Arrête de jouer… sers tes jouets… il faut partir… » L'enfant est donc fâché contre la consigne dite par le parent et réagit avec des mots inappropriés pour exprimer sa frustration. Le parent doit faire ressortir le vrai message qui se cache derrière les mots de l'enfant « Tu es fâché contre moi parce que tu ne veux pas partir tout de suite… Tu n'es pas content du tout… Tu aimerais continuer à jouer … » Généralement 3 ou 4 petites phrases de ce genre, dites sur un ton adapté, traduisent en mots ce que l'enfant ressent et permet de désamorcer sa colère. Ce dernier prend ainsi conscience des sentiments qu'il éprouve et apprend graduellement à exprimer ses émotions plus correctement et avec les mots que vous lui apprenez, sans avoir recours aux injures.

L'enfant vous aime, il ne veut pas changer de maman, de papa ou de maison mais il est fâché contre le refus, la directive verbale du moment. L'enfant est une « petite personne » plus émotive et intense que raisonnable.

Des gestes libérateurs

Il est possible dans de tel moment que certains enfants veuillent frapper. D'une manière ferme, on doit l'arrêter, reconnaître qu'il est fâché et que vous ne pouvez pas accepter qu'il vous tape ou lance des objets. Il doit apprendre à contrôler ses gestes. Cependant vous pouvez comprendre qu'il peut avoir besoin de brasser quelque chose (comme il arrive à un adulte) pour évacuer un trop-plein. Il a besoin qu'on lui apprenne qu'il y a certains objets sur lesquels il est permis de déverser sa grosse contrariété. Identifier avec lui, dans un moment calme, des objets ou des gestes qu'il peut utiliser de manière sécuritaire et adaptée.

Par exemple :  un gros coussin, un sac de couchage bien attaché… un ballon ou des balles en caoutchouc mousse qu'il peut lancer dans un panier à linge… ou tout autre geste accepté pour sortir d'une manière acceptable sa grosse colère et ainsi ne faire mal à personne.

Au moment d'une autre crise, après avoir identifié avec des mots, invitez-le à venir vous montrer comment « fort » il est fâché en l'accompagnant vers les objets identifiés au préalable.

Un adulte en colère n'apprécie pas que d'autres rient de son émotion, l'enfant non plus. Le parent doit donc accepter chez son enfant une forme d'expression de la colère pouvant inclure un ton plus haut et des gestes plus brusques.

Ne craignez pas de développer ainsi des habitudes de violence. Les individus qui apprennent à verbaliser leurs émotions, à utiliser au besoin des moyens simples et inoffensifs de se défouler, et ce, sans porter atteinte à une personne ou détruire des objets, deviennent généralement des êtres en contrôle de leurs émotions.

Un enfant est un être en construction. Il doit apprendre à ressentir, identifier et exprimer correctement ses émotions. Il a besoin d'être aidé et soutenu durant cet apprentissage qui se fait progressivement.


Dès leur très jeune âge, les petits accompagnent leurs parents au guichet automatique. Ils les voient introduire une carte dans le mur et, après quelques manœuvres, de l'argent en sort par un orifice.

À l'épicerie, il peut être fréquent pour eux de voir leurs parents mettre une carte dans une machine à numéros, à la suite de quoi la caissière leur donne de l'argent et ils partent avec les achats. Maman et papa n'ont pas d'argent, mais une « petite carte magique ».

Avec l'utilisation des cartes de crédit ou autres, il est difficile pour les jeunes de saisir concrètement l'échange argent/ marchandise et de pouvoir quantifier. Ils entendent souvent les adultes parler d'argent. Il est donc préférable de commencer tôt à leur enseigner la valeur de l'argent.

Certaines activités peuvent contribuer à développer chez les enfants un bon rapport avec l'argent. Dès l'âge de deux ou trois ans, on peut les aider à faire des choix dans ce qu'ils désirent et respecter l'entente prise. Par exemple, choisir une histoire à lire avant le dodo, acheter un seul jouet au magasin au rabais même s'il insiste pour en avoir davantage.

Jouer pour apprendre

Les enfants ne connaissent pas d'emblée la valeur de l'argent. Il est important de leur montrer qu'il est impossible de tout avoir… Jouer au magasin ou à l'épicerie avec de l'argent-jouet peut leur apprendre à faire des choix s'ils doivent payer ce qu'ils mettent dans le petit panier. On peut aussi habituer les enfants à mettre des sous dans une tirelire et à les utiliser lorsqu'ils sauront bien compter. Ils pourront ainsi mieux saisir que l'argent a une valeur utilitaire comme acheter un sac de croustilles ou un jouet spécial en échange de quelques huards. Aidez-les à faire des associations : par exemple, « le prix de ton équipement de hockey ou de ce jouet équivaut à un certain nombre de paniers d'épicerie ou à un certain nombre d'heures de travail ».

Argent de poche et publicité

Des parents optent pour donner un peu d'argent de poche à leur enfant. Ceci peut s'avérer un bon moyen pour apprendre la valeur de l'argent. Ils ont ainsi l'occasion de gérer cette somme et surtout de faire des choix pour le dépenser. Il est entendu que cet argent doit être adapté à votre budget, à l'âge et à la maturité de l'enfant.

Pour éduquer les jeunes par rapport aux promotions publicitaires, feuilletez avec lui feuillets ou cahiers afin de faire des comparaisons entre les magasins, les qualités et les prix de l'article désiré. Ce moment peut être opportun pour l'informer de certaines dépenses invisibles tels le loyer, les assurances, l'électricité, l'Internet… et pour échanger sur les besoins et désirs que tous, nous avons.

Lorsque vous accompagnez un jeune qui désire faire un achat avec ses économies, il est souhaitable que ce dernier apporte son argent pour le payer lui-même. Ainsi, il reçoit directement la monnaie qui revient. Cela évite de possibles négociations de remboursement si vous lui aviez avancé l'argent. Il ressent directement l'échange et l'importance de faire le meilleur achat. L'addition de la taxe ajoute une complexité. Lorsque c'est possible et sans conséquence, que vous respectiez le choix de l'enfant fait aussi partie de ses apprentissages. Se souvenir que nous apprenons tous par essai-erreur-réussite et réajustement.

Il est certain que les enfants apprennent aussi par la dynamique familiale. Cela peut amener à revoir notre relation avec l'argent et à nous interroger sur notre propre façon d'en parler et de le dépenser.


La plupart des enfants sont heureux d'entrer à la garderie. Ils savent qu'ils pourront s'amuser avec de nouveaux amis et l'adaptation est relativement facile et harmonieuse. Pour d'autres enfants, ce premier détachement du milieu familial est moins facile. Il est possible que, selon le tempérament de l'enfant, ce soit la peur d'être abandonné qui joue.

Présente chez tous les petits, cette crainte se résorbe graduellement à mesure que les enfants développent un sentiment de sécurité personnelle. Certains peuvent se sentir en sécurité dès l'âge de deux ans. Pour d'autres, ce n'est qu'à l'âge de trois, quatre ans ou même davantage que cette transition, maison-garderie, se fera plus facilement.

Sur le seuil de la garderie, Joanie fait une crise de désespoir et se cramponne à sa mère qui a les larmes aux yeux et des nœuds au cœur. L'éducatrice s'efforce par tous les moyens d'approcher l'enfant qui se refuse à tout contact. Que devez-vous faire pour aider les petites Joanie à se séparer de leur mère? Habituellement, les adultes ont tendance à les rassurer, à les raisonner ou à les distraire. Cette approche fonctionne avec plusieurs enfants. Dans cette nouvelle situation de détachement, les enfants ont aussi un grand besoin d'être compris dans ce qu'ils vivent. Une approche efficace, même si elle est exigeante pour les parents et les éducatrices, consiste à mettre des mots sur ce que les enfants ressentent, même lorsque ceux-ci sont tout petits.

Ainsi, il est possible de dire à son enfant : « Tu voudrais que maman reste toujours avec toi. Tu n'aimes pas ça quand maman va travailler et te laisse avec Céline. Tu as peut-être peur que maman ne revienne pas te chercher. » Voilà! C'est le gros morceau à lâcher et vous pouvez conclure en ajoutant : « Maman revient toujours. » Il est probable que la réaction de l'enfant soit alors de pleurer davantage. Beaucoup d'adultes croient alors qu'ils ont tourné le fer dans la plaie, mais la réalité est plutôt qu'ainsi un abcès se vide et que cela ne se fait pas sans douleur. Peu de temps après, dans la plupart des cas, les enfants se sentent mieux. Ils cessent de pleurer lorsque vous êtes partis.

Quelques suggestions

Même s'ils pleurent, il est nettement préférable que les enfants voient partir leurs parents. Si ceux-ci partent à la sauvette, les enfants peuvent être convaincus, surtout s'ils sont très jeunes, que les parents peuvent « disparaître » pour ne plus revenir.

Les parents peuvent laisser un objet personnel (porte-clé, gant, etc.) aux enfants afin qu'ils le gardent avec eux. Ou, si cela est possible, vous pouvez restez quelque temps avec votre enfant, le temps qu'il se trouve un jeu ou une activité.

Il est bon de demander d'indiquer l'heure de retour des parents en fonction d'un moment particulier de la routine de la garderie : par exemple, « Maman va revenir après la collation. » Vous pouvez également dessiner une horloge qui montre l'heure à laquelle vous allez revenir et demander à l'éducatrice la placer à côté de la vraie. Parlez avec l'éducatrice devant l'enfant : « Céline, je te confie mon petit garçon Émile, mais je reviens le chercher un peu après sa collation. Je suis contente que tu en prennes soin pendant que je fais mon travail. »


Vivre une séparation est une expérience très difficile pour parents et enfants. Elle génère tout un éventail d'émotions : colère, tristesse, culpabilité, peur etc. Même si les enfants ne comprennent pas toujours ce qui se passe, ils devinent habituellement que leurs parents ne sont pas heureux. Et pour ces derniers, la perspective de devoir annoncer aux enfants leur séparation prochaine est sans doute une des choses les plus difficiles à faire. La meilleure attitude consiste alors à être franc.

Il est important que les enfants soient informés à l'avance de la séparation. Cela leur permet d'anticiper les changements qui s'annoncent. Pour les plus jeunes, il sera probablement nécessaire d'en parler plusieurs fois et de leur expliquer la situation avec des mots simples qu'ils peuvent comprendre. Il est inutile de leur donner beaucoup de détails; leur dire simplement que papa et maman ne sont plus heureux dans la même maison peut être suffisant.

Il est souhaitable que les deux parents soient présents pour parler de la séparation à leurs enfants. Cette façon de faire appuie le message que les deux parents ont l'intention de rester en contact avec eux. Lorsque c'est nécessaire, les parents devraient aussi informer les éducatrices pour qu'il y ait accord sur la façon d'agir et d'en parler aux enfants.

Quoi dire aux enfants?

Un premier point important est de dire aux enfants que ce n'est pas leur faute si papa et maman se séparent. En effet, les enfants pensent souvent, à tort, qu'ils sont responsables de la séparation de leurs parents.

Il faut leur dire aussi que la séparation ne signifie pas que papa et maman les aiment moins. Au contraire, tous deux restent leurs parents et continuent toujours de les aimer.

Il est bon d'insister sur le fait que papa et maman ne les quittent pas mais vont plutôt vivre dans deux maisons différentes. On leur expliquera aussi où ils vont habiter et à quel moment ils verront chaque parent.

En général, les enfants gardent très longtemps l'espoir que papa et maman reviennent ensemble et que tout se passe comme avant. Il est bon d'être conscient de cet aspect pour ne pas nourrir leur espoir inutilement.

Il faut être attentif aux signes qui traduisent une difficulté d'adaptation. Les jeunes enfants ne s'expriment pas très bien et communiquent parfois leurs sentiments à travers leurs comportements : recommencer à parler en bébé, ou à faire pipi au lit, crises ou cauchemars plus fréquents, pleurer dès que maman ou papa s'absente. Par tous ces comportements, les enfants expriment à leur façon la peur d'être abandonné. Il faut les laisser exprimer leurs sentiments. On peut les rassurer en passant du temps avec eux et en leur répétant souvent qu'on les aime.

Au besoin, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste : psychologue, travailleur social, consultant conjugal ou service de médiation.

Ressources :

Atelier pour les parents : Trois fois par année, l'atelier « L'après séparation et le vécu parents/enfants » est offert aux parents dans nos locaux au 911 rue Jean-Talon à Montréal (près du métro Jean-Talon). Pour plus d'informations n'hésitez pas à nous appeler.

Lectures : Un album conçu pour les enfants de 3 à 7 ans : « 4 Histoires pour redevenir heureux après la séparation de papa et maman ! ». Pour commander un album, téléphonez-nous.

Pour les plus vieux, 8 ans et plus : Nous vous suggérons l'excellent roman de Danielle Naud-Tremblay, « Thomas Mariejoie et l'invisible ».

Pour les parents, ouvrage gratuit à Santé Canada : « Parce que la vie continue… Aider les enfants et les adolescents à vivre la séparation et le divorce. »
l'Agence de santé publique du Canada ou au numéro sans frais 1-866-225-0709 (ATS : 1-800-267-1245) et demandez le bureau des publications.


Être parent a toujours été un défi. Particulièrement ces temps-ci où les parents sont confrontés à une multitude d'approches concernant l'éducation des enfants. Face à cette myriade d'informations, il peut devenir difficile de s'y retrouver. Il peut aussi être facile de perdre de vue le bon sens éducatif en se remettant souvent en question. Par exemple, doit-on mettre des limites? Si oui, lesquelles? Doit-on dire non ou ignorer les mauvais comportements? Allons-nous nuire au lien d'attachement si nous ne répondons pas immédiatement aux demandes de notre enfant?

Il y a quelques années, il n'était pas surprenant de voir des enfants avoir peur de leurs parents. De nos jours, nous assistons au phénomène inverse. Il est courant de voir des parents éprouver de la peur face à leur enfant : peur de leurs réactions excessives, peur de les décevoir, peur de perdre leur amour, peur de nuire à leur développement, etc.

Comment s'y retrouver? Le vieil adage ne dit-il pas « Le manuel d'instructions ne vient pas avec l'enfant »? Une partie de cet adage est vraie car chaque enfant est unique. Cependant, il est possible de s'y retrouver et surtout de retrouver notre confiance comme parents par la lecture des ouvrages suivants : Guide pour parents inquiets, Aimer sans se culpabiliser de Michel Maziade, médecin et pédopsychiatre et Manuel d'éducation à l'usage des parents d'aujourd'hui de Didier Pleux, docteur en psychologie du développement.

Que retrouve-t-on de différent dans ces deux ouvrages? Les auteurs nous rappellent d'abord que, dans la grande majorité des situations, les parents ne sont pas responsables des réactions de leur enfant. Ceci n'enlève en rien la responsabilité des parents face à l'éducation des enfants. Cependant, il devient possible de voir l'enfant comme un être unique qui aborde le monde à sa propre façon selon son tempérament. Par exemple, certains enfants ont un tempérament plus intolérant à une frustration passagère, d'autres sont plus timides ou anxieux.

Ensuite, les auteurs nous aident à comprendre comment agir positivement avec les enfants en établissant des règles claires avec confiance et sans se culpabiliser. Une meilleure connaissance du tempérament de l'enfant permet de retrouver le bon sens éducatif que nous pouvons parfois perdre de vue lorsque nous nous sentons démunis ou coupables devant certains comportements de notre enfant.

Voici donc deux excellentes suggestions de cadeaux. « Le manuel d'instructions ne vient pas avec l'enfant » mais ces deux volumes peuvent grandement aider les parents à s'y retrouver. Ils peuvent surtout aider à retrouver confiance pour instaurer non pas une discipline de fer, mais une discipline de gros bon sens, une discipline de faire et de savoir faire.

MAZIADE, Michel. Guide pour parents inquiets. Aimer sans se culpabiliser. Hôpital Sainte-Justine. 2010

PLEUX, Didier. Manuel d'éducation à l'usage des parents d'aujourd'hui. Éditions Odile Jacob. Pratique. 2006


Noël approche. Vite. Très vite. Depuis plus d'un mois, les enfants rêvent aux cadeaux qu'ils espèrent recevoir. Les désirs s'additionnent, se modifient de jour en jour. Il faut dire que fabricants de jouets et magasins ne se privent pas pour faire miroiter leurs trésors. Tous ces étalages magnifiques jouent bien leur rôle d'alimenter les tentations! Que se passe-t-il alors, bien souvent, quand votre enfant vous accompagne au centre commercial ou simplement, à la pharmacie du coin?

« Ooooh! Je veux ça!… et puis celui-là… non, celle-là… et aussi ça … et ça encore!… »

Pauvre parent qui entend cette énumération vertigineuse! Il veut faire plaisir à l'enfant, bien sûr. Mais en même temps, il ne peut s'empêcher de penser à son porte-monnaie qui s'allège virtuellement de plus en plus…

Alors, que faire?

• Admirer simplement avec l'enfant ces si belles choses, ce qui place déjà parent et enfant sur une même longueur d'onde.

• Après avoir bien admiré et ré-admiré, suggérer à l'enfant de dresser une liste de tous les jouets qu'il aime particulièrement. Avec les enfants plus petits, on fera cette liste avec eux.

• L'enfant cotera ensuite ses choix par ordre d'importance pour lui. En tenant compte que les jeunes enfants – et aussi des plus grands! – ne maîtrisent pas très bien la notion d'argent, que peut-on faire pour prévenir le risque d'une trop grande déception possible? Il conviendrait donc d'insérer ici « un petit bémol » : par exemple, on peut dire de façon très naturelle « On a bien le droit d'espérer le plus beau cadeau de ses rêves, mais s'il coûte très cher? Trop cher? Il pourrait arriver que ce ne puisse pas être celui-là qui prenne place au pied de l'arbre de Noël… »

• Si l'enfant croit encore au Père Noël, on peut lui rappeler que ce dernier doit distribuer ses cadeaux à tous les enfants, et non à un seul enfant.

• Les plus grands accepteront sans doute l'idée de prévoir des choix possibles pour papa, maman, mamie, papy, oncles, tantes etc., selon les sous dont chacun d'eux peut disposer.

Et si, au matin de Noël, votre enfant est triste et déçu parce que son plus grand rêve ne s'est pas concrétisé? Reconnaissons tout simplement ce qu'il peut ressentir, par exemple : « Tu aurais bien aimé avoir telle chose… (*) cela te déçoit beaucoup… » et quelques autre paroles du genre, sans plus. Il se sentira ainsi compris et on pourra alors l'aider à apprécier ses autres trésors.

(*) Ces points de suspension indiquent une pause de quelques secondes à faire, pour permettre à l'enfant d'absorber votre message.

À TOUTES ET TOUS : UN HEUREUX NOËL DE PAIX ET DE JOIE !


Pourquoi punir? C'est bien la première question qu'on doit se poser. La punition est-elle une « amende » qu'on fait payer à l'enfant pour son « infraction »? Sûrement pas!

La punition ou « conséquence » est bel et bien un moyen d'enseigner aux enfants quelque chose qu'ils ne pourraient apprendre autrement, compte tenu de leur âge, de l'urgence ou de la gravité de la situation.

Règle générale, la punition doit demeurer un geste « réservé » pour certaines situations et non devenir la base de notre éducation. De plus, elle doit être de moins en moins utilisée à mesure que les enfants grandissent.

Lorsque la punition s'impose…

Si notre enfant a agi de telle sorte qu'on doit le punir, quelques critères sont à retenir :

- Chaque fois que cela est possible, il vaut mieux donner une punition en rapport avec le comportement fautif. Par exemple, si votre enfant persiste à sauter sur le sofa, on peut lui interdire d'entrer dans la pièce pour un certain moment.

- La punition doit être immédiate, pour que l'enfant puisse faire le lien entre son comportement et ce qui s'ensuit. Si la punition est retardée, elle risque d'être vécue comme une « injustice » par l'enfant qui n'a pas une très bonne notion du temps et qui ne fera pas le lien avec son « délit ».

- L'isolement ou la privation d'un jouet devraient avoir une durée raisonnable de quelques minutes qui tient compte de l'âge de l'enfant.

- La punition doit être proportionnelle au méfait de l'enfant et non à l'intensité de la colère du parent…

- La punition ne devrait jamais impliquer de priver l'enfant de quelque chose d'essentiel (l'histoire du soir avec papa ou maman) ou d'une occasion spéciale (la fête d'un ami).

- Il va de soi que la punition ne signifie jamais humilier, menacer, culpabiliser ou faire du chantage.

- Chaque fois que c'est possible, il est très « éducatif » de faire participer l'enfant à la réparation de son méfait (effacer les barbouillages sur le mur….).

- La punition terminée, il est inutile d'exiger de l'enfant des promesses ou résolutions qu'il n'a pas la capacité de tenir et des excuses auxquelles il ne comprend rien.

« Une petite tape ne fait pas de tort! »…?

Il est généralement reconnu que le bienfait principal des tapes est d'abord de soulager les parents exaspérés….Beaucoup de parents, à un moment ou l'autre, vont en arriver à une « tape occasionnelle » sur les fesses ou la main; un tel geste, s'il est de faible intensité, n'a rien de dramatique mais n'est pas un moyen valable d'éducation. Lorsqu'elles se répètent, les tapes peuvent être très nuisibles et favoriser des habitudes de violence tant chez les enfants que chez les adultes.

Avant d'en arriver là, tout adulte aurait avantage à trouver une soupape inoffensive pour évacuer le trop-plein d'agressivité de façon constructive. Il peut s'agir de sport ou, pourquoi pas, un objet réservé à cette fin, pour tous, petits et grands : « punching-bag », coussin mou, etc… Ce sont des moyens tellement simples et combien efficaces!


La plupart des filles sont prêtes à dire adieu aux couches vers deux ans, les garçons vers deux ans et demi. Les enfants commencent rarement à contrôler les selles et l'urine en même temps et habituellement deviennent propres le jour avant de l'être la nuit.

Quand faire les premières tentatives?

Quand les enfants vont à la garderie, il est souhaitable que parents et éducatrices se concertent pour que l'apprentissage soit simultané. Les premiers essais doivent débuter quand les enfants sont prêts :

- Physiquement, ils sont capables de descendre et de remonter leur culotte, de se rendre à la toilette eux-mêmes et de demeurer secs pendant plusieurs heures. Il est plus facile de faire une routine d'entraînement quatre fois par jour plutôt que sept à dix fois. Ne pas oublier que le développement des muscles (sphincters) permettant de retenir les envies est plus lent à se produire chez certains enfants.

- Intellectuellement, ils doivent comprendre des mots simples (pot, couches, mouillé, sec, etc.), reconnaître leur « envie » et communiquer leur besoin d'aller à la toilette par des gestes (par exemple, tirer sur leur couche ou des mots (pipi, caca).

- Affectivement et socialement, ils doivent montrer des signes de collaboration à l'utilisation du pot ou de la toilette. Autrement, ils ne sont pas prêts et ce n'est pas de la mauvaise volonté. Chacun se développe à son rythme et selon son tempérament.

Comment procéder?

Introduisez le pot quelques jours avant le début de l'apprentissage. Dites à quoi il sert et laissez les enfants s'y habituer en s'assoyant dessus. Les enfants apprennent en imitant les autres. Amenez-les dans la salle de bain avec vous ou avec des enfants plus vieux. Dites-leur ce que vous faites dans un vocabulaire qu'ils connaissent et apprenez-leur à associer des mots à leurs sensations. Quand Stéphanie force, dites-lui : « Stéphanie fait caca ».

Placez le pot dans un endroit où vous circulez souvent et dont la surface ne souffrira pas de petits dégâts (cuisine, cour, etc.). L'été est le moment idéal, car les vêtements sont faciles à ôter et les enfants saisissent mieux ce qui se passe quand ils sont nus.

Beaucoup d'enfants craignent la grande cuvette. Ils se sentent en sûreté quand leurs pieds reposent sur un banc. Il existe des bancs d'appoint munis de marches et cela les aide à pousser.

Offrez fréquemment à boire aux enfants pour augmenter le nombre d'exercices. Félicitez-les quand ils réussissent, mais ne les punissez pas et ne les réprimandez pas en cas d'accident. Les enfants « s'oublient » facilement lorsque leur attention est ailleurs. Les punir crée de la pression et ne favorise pas l'apprentissage de la propreté.

Si les enfants ne veulent pas apprendre, rangez-le pot et essayez quelques semaines plus tard. L'élimination est une fonction naturelle qui ne peut se faire sur commande!

Certains enfants se remettent parfois à salir leur culotte après avoir été propres. Généralement, il y a une raison à cela : naissance, nouvelle maison, changement de routine, trop de pression de la part des adultes. Demeurez confiant dans cette étape du développement. Avec constance et encouragements, les choses reviendront à la normale.


Jusqu'à dix ans, les peurs (du noir, de l'eau, des bruits, des animaux, etc.) sont courantes chez les enfants. Ces peurs sont habituellement amplifiées par leur imagination. Pour la plupart des enfants, ce qu'ils imaginent et la réalité ne font souvent qu'un et ceci particulièrement chez les enfants ayant un tempérament sensible et créatif.

Comment les aider à surmonter leurs peurs?

Quand les enfants ont peur, le contact physique est un très bon réconfort. Prenez-les dans vos bras et bercez-les. Surtout les tout-petits. Évitez de tourner à la dérision leurs peurs ou de les forcer à y faire face. Pour les plus vieux, on peut toujours les rassurer en donnant quelques explications mais il demeure important de les faire parler de la peur qui les anime.

Par exemple, s'ils craignent la présence de monstres dans leur garde-robe, parlez aux monstres : « Partez, vilains monstres, laissez Émilie tranquille! ». Ou, trouvez avec elle une façon de chasser les monstres ou de les apprivoiser, un peu comme dans les contes pour enfants. On peut demander à Émilie de dessiner les monstres qui l'apeurent, puis piétinez-les allègrement ou demandez à Émilie de se dessiner plus grande et plus forte que les monstres.

Nathaniel, lui, venait de rêver que des monstres l'attaquaient. Avec l'aide de sa mère, il a réussi à s'endormir en s'imaginant que « Spiderman » était là pour le défendre et pour faire peur aux monstres.

Connaître la source de leurs peurs est utile. Les enfants regardent-ils des émissions susceptibles de les effrayer? Veulent-ils étirer l'heure du coucher et désirent-ils attirer votre attention? Ont-ils un tempérament avec une imagination très fertile? Ont-ils eu une expérience désagréable, par exemple, ont-ils été en présence d'un animal agressif? Même si vous ignorez l'origine des peurs, vous pouvez quand-même essayer de changer des choses dans l'entourage de l'enfant. Par exemple, trouver des jeux plus calmes avant le coucher plutôt que la télé, fermer la télé à l'heure des repas (surtout à l'heure des nouvelles).

Vous pouvez aider les enfants à s'adapter graduellement à ce qui les effraie. Si Mathieu craint les chiens, lisez-lui des histoires de chiens, puis montrez-lui ensuite des chiens de loin. Enfin, tenez-lui la main et approchez-vous lentement d'un chien qu'il connaît en lui montrant quoi faire : par exemple, laisser le chien renifler sa main, le gratter derrière les oreilles, etc. Encore une fois, respectez le fait que cet enfant a peur sans tourner cette peur en dérision. Ceci ne réglerait rien et ne ferait que fragiliser sa confiance en lui.

Le jeu peut aussi aider les enfants à surmonter leurs peurs. Jouez à faire aboyer des chiens en peluche. Faites-leur renifler les mains de Mathieu. Renversez les rôles : faites semblant d'avoir peur et demander à Mathieu de vous rassurer. Cela pourrait vous en dire un peu plus sur la façon dont il souhaite être réconforté.

Le bruit d'un train, d'un avion ou d'une sonnette d'alarme peut effrayer certains enfants. Montrez-leur la source du bruit afin qu'ils apprennent à leur rythme et à leur façon à distinguer cette source du bruit de leur imaginaire. Peu importe l'âge, écoutez leurs peurs. Rassurez-les, n'hésitez pas à les prendre dans vos bras.


Pour certains enfants, jouer calmement avec les autres est tout à fait naturel. Cependant, d'autres enfants ont plus de difficultés à partager ou à jouer sans bousculer. Ce n'est pas parce que « partager c'est bien » qu'un enfant de deux ans prêtera automatiquement ses jouets. Et un enfant de cinq ans peut croire que bousculer les autres pour avoir ce qu'il veut est plus efficace.

Décrivez brièvement et intervenez.

Certains enfants se trouvent souvent dans des situations de confrontation avec leurs pairs. Ils ont de la difficulté à entrer en rapport avec les autres enfants sans se bagarrer. Quelle que soit la raison, lorsque les comportements agressifs se produisent, il faut intervenir. Aidez votre enfant à mettre des mots sur ce qui est vécu : « Émilie, ça ne doit pas être plaisant de se faire prendre son ballon, mais tu ne peux pas frapper ton amie.» ou tout simplement « Mathieu, tu ne bouscules pas. Tu attends ton tour ».

Avec les mots que vous utilisez pour décrire ce qui se passe, vous aiderez votre enfant à faire, à la longue, la différence entre la frustration tout à fait normale et le geste d'impulsivité. Le but est d'amener les enfants à surmonter une frustration passagère et à vivre leurs sentiments négatifs sans utiliser des mots ou des gestes agressants.

Soyez des observateurs. Apprenez à connaître et à reconnaître les signes avant-coureurs.

Observez les circonstances dans lesquelles les comportements agressifs se produisent. Mathieu a tendance à bousculer les autres quand il y a beaucoup de bruit et d'activités autour de lui? Essayez de créer un climat moins bruyant et dirigez-le au début de l'activité. Par exemple, aidez-le à choisir une activité plutôt que de vouloir toutes les faire en même temps. Émilie crie surtout lorsqu'elle est fatiguée? Faites-lui faire une sieste ou planifiez des activités plus calmes vers la fin de la journée.

Certains enfants agissent agressivement pour attirer l'attention sur eux. N'attendez pas qu'ils soient agressifs pour leur accorder de l'attention. Faites-le aussi durant les moments où ils sont calmes. Sans trop en mettre, intéressez-vous à ce qu'ils font, encouragez-les et félicitez-les en soulignant le comportement positif : « C'est très patient de ta part Mathieu, d'attendre ton tour. » Par cette façon de faire, vous apprendrez petit à petit à votre enfant comment obtenir l'attention d'une façon acceptable et beaucoup plus agréable pour tous.

Encouragez-les à trouver des solutions.

Quand les enfants sont assez grands, à partir d'environ cinq ans, on peut les aider à trouver des solutions pacifiques aux conflits. Si Émilie crie pour avoir un jouet, demandez-lui de trouver une autre façon d'obtenir ce qu'elle veut. Mathieu et Luc se bousculent pour avoir la balançoire? Que peuvent-ils faire d'autres? (Ex. L'utiliser chacun son tour). Encouragez votre enfant à mettre lui-même les solutions au point et félicitez-le quand il réussit. L'effet secondaire est d'augmenter la créativité et l'autonomie.

Ils n'y parviennent pas encore?

Ne vous découragez pas. Revenez à l'étape antérieure : Décrivez brièvement et intervenez. Pratiquez à surmonter votre propre frustration face à une situation tout à fait normale dans le développement de certains enfants. Demeurez cohérents et affirmatifs dans vos interventions. Il est normal que vous ayez à répéter plusieurs fois avant que le comportement désiré soit acquis. Et, même lorsque ce comportement semblera acquis, pensez qu'il peut y avoir des rechutes. Rappelez alors simplement les consignes à votre enfant.


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